Passer au contenu principal

Auteur/autrice : lorin.i@clicetcom.fr

Article HORIZONS D’ANNA-EVA BERGMAN – Une œuvre présentée par Caen Enchères

L’hôtel des ventes Caen Enchères présentera le 26 mai prochain Horizons (1968) d’Anna-Eva Bergman, œuvre issue d’une période charnière de sa production.

Dans les années 1960, l’artiste développe un langage très personnel fondé sur la simplification des formes et une relation directe à la nature. Elle privilégie le terme de “non-figuration” à celui d’abstraction et parle elle-même de “l’art d’abstraire”, une manière de transformer paysages, ciel ou mer en formes épurées.

Longtemps restée dans l’ombre de son compagnon Hans Hartung, Anna-Eva Bergman fait aujourd’hui l’objet d’un intérêt croissant, porté notamment par des études et expositions récentes, ainsi que par une relecture plus large de sa place dans l’histoire de l’art.
L’œuvre provient de la collection de Michel Seuphor, critique, historien de l’art et artiste majeur de l’art abstrait, qui a très tôt reconnu et admiré le travail d’Anna-Eva Bergman.

Signée du monogramme AEB, datée en bas à droite, titrée et datée au dos, l’œuvre mesure 61 × 46 cm. Elle est conservée dans une collection privée du Calvados après avoir appartenu à Michel Seuphor à partir d’août 1969.

ENTRETIEN AVEC L’EXPERT ERIC LEFEVRE

Quelle est l’importance de cette oeuvre au sein de la production d’Anna-Eva Bergman ?
Cette œuvre s’inscrit dans une période aujourd’hui particulièrement étudiée de la carrière d’Anna-Eva Bergman. Son travail bénéficie d’un intérêt renouvelé, porté par les expositions récentes et les études qui lui sont consacrées. Sa provenance renforce également son importance : Michel Seuphor, figure majeure de l’art abstrait, a très tôt reconnu la qualité du travail de Bergman et lui portait une réelle admiration.

Quelle place occupe Horizons dans le parcours d’Anna-Eva Bergman ?
La série Horizons, commencée en 1962, correspond à un moment essentiel de son travail. Elle y développe un langage fondé sur la simplification des formes et la recherche d’un essentiel. Les paysages norvégiens y occupent une place importante, et l’artiste se montre également attentive au travail de Mark Rothko, l’un des rares artistes contemporains qu’elle admire véritablement. Elle découvre ses œuvres à Paris en 1962, puis le rencontre à New York en 1964.

Comment définir le langage artistique d’Ana-Eva Bergman ?
Anna-Eva Bergman refuse le terme d’abstraction et lui préfère celui de non-figuration. Elle part du paysage (mer, ciel, nature) pour en proposer une forme simplifiée et synthétisée. Elle parle elle-même de “l’art d’abstraire”, insistant sur le lien entre création et observation de la nature. Ses formes
réduites à l’essentiel confèrent à ses œuvres un caractère universel. La ligne occupe également une place centrale dans sa démarche : elle la considère comme un élément fondamental de la peinture, une structure essentielle de la composition.

Peut-on imaginer une dimension contemplative dans son travail ?
Oui, son œuvre possède une dimension contemplative marquée, proche de la méditation et parfois teintée d’une forme de mystique. Les formes épurées et la structuration de l’espace donnent une impression d’immersion immédiate. Dans la série Horizons, la répétition des lignes horizontales renforce cette sensation de profondeur silencieuse et de stabilité.

Assiste-t-on à une évolution technique au cours des années 60 ?
À partir du début des années 1960, Anna-Eva Bergman utilise la peinture vinylique, qui lui permet de travailler plus rapidement et de renforcer la
présence de la lumière dans ses œuvres. Cette technique accompagne l’évolution de son langage pictural et contribue à la clarté ainsi qu’à la luminosité de ses compositions.

Quelle place occupe Anne-Eva Bergman aujourd’hui dans l’histoire de l’art ?
Anna-Eva Bergman occupe aujourd’hui une place importante dans l’histoire de l’art du XXe siècle. Longtemps restée dans l’ombre de Hans Hartung, elle bénéficie désormais d’un intérêt renouvelé. Ce regain d’attention est porté notamment par la rétrospective du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 2023, l’ouverture de la Fondation Hartung-Bergman près d’Antibes, ainsi que par des publications récentes, dont la biographie de Thomas Schlesser Anna-Eva Bergman. Vies lumineuses (2022), qui contribue à mieux comprendre son œuvre et son parcours.

L’École de Hanoi : une rencontre entre traditions vietnamiennes et modernité occidentale

L’École de Hanoi : une rencontre entre traditions vietnamiennes et modernité occidentale

L’École des Beaux-Arts de l’Indochine, fondée en 1925 à Hanoi par le peintre français Victor Tardieu, a donné naissance à une génération de peintres vietnamiens qui ont su marier avec élégance les traditions artistiques de leur pays avec les techniques occidentales. Parmi eux, trois artistes majeurs se distinguent : Vu Cao Dam, Mai-Thu et Lê Phố. Ces artistes ont marqué l’histoire de l’art par leur style unique et leur capacité à capturer l’âme du Vietnam tout en s’ouvrant au monde.

Vu Cao Dam (1908-2000)

Vu Cao Dam, principalement sculpteur mais aussi peintre, a su exprimer une grande diversité dans son œuvre. Installé à Paris, il a exploré des thématiques universelles tout en restant fidèle à ses racines vietnamiennes. Ses peintures se distinguent par leur texture et leur palette lumineuse, offrant une vision unique et intemporelle.

Mai-Thu (1906-1980)

Mai-Thu est connu pour ses scènes intimes et poétiques, souvent réalisées sur soie. Ses tableaux mettent en avant des thèmes familiaux, la douceur de la vie quotidienne et la grâce des femmes vietnamiennes. Le style de Mai-Thu, reconnaissable entre tous, se caractérise par une palette subtile et un soin particulier apporté aux détails.

La maison de vente de Caen a présenté en octobre 2022 deux œuvres majeures de Mai-Thu, provenant de collections normandes. Ces encres sur soie, « Cinq générations » (1952) et « Couple avec éventail sous un cerisier en fleurs » (1974), illustrent l’évolution artistique de l’artiste.

  • « Cinq générations » : Cette œuvre, inscrite dans la tradition des estampes vietnamiennes, réunit en un format restreint (50,5 x 27 cm) une vingtaine de personnages dans une scène animée et chaleureuse. Estimée entre 30 000 et 50 000 euros, elle a été adjugée à 347 200 euros (frais inclus).
  • « Couple avec éventail sous un cerisier en fleurs » : Datée de 1974, cette composition moderne illustre la maîtrise par Mai-Thu de la peinture sur soie, avec des couleurs plus opaques et soutenues que dans ses premières œuvres. L’éventail, peint avec une délicate transparence, laisse deviner le bas du visage de la femme, ajoutant une touche poétique à la scène. Estimée entre 80 000 et 100 000 euros, elle a également trouvé preneur pour 347 200 euros (frais inclus)

Ces deux œuvres, acquises à l’origine auprès de la galerie Apesteguy de Deauville, témoignent du talent de l’artiste et de l’attachement des collectionneurs normands à son travail.

Lê Phố (1907-2001)

Lê Phố, lui aussi formé à l’École des Beaux-Arts de l’Indochine, a développé un style raffiné et poétique. Ses peintures sur soie, souvent inspirées par la nature, les scènes de village et les portraits, capturent un sentiment de sérénité et d’élégance. Son travail, imprégné d’un profond attachement à ses racines culturelles, a trouvé une reconnaissance internationale.

La salle des ventes de Caen a eu l’honneur de présenter une œuvre remarquable de Lê Phố intitulée « Jeune femme coiffée d’un chapeau traditionnel », adjugée le 26 octobre 2024. Cette peinture, réalisée à l’encre et gouache sur soie marouflée sur carton, illustre l’élégance intemporelle des femmes tonkinoises. L’œuvre dépeint une gracieuse femme coiffée d’un chapeau traditionnel vietnamien et vêtue d’une robe traditionnelle (ào dài), accompagnée d’un panier de fruits et d’un service de thé. Estimée initialement entre 100 000 et 150 000 euros, elle a finalement été adjugée à un prix exceptionnel de 560 000 euros, témoignant de l’intérêt grandissant pour le travail de Lê Phố parmi les collectionneurs internationaux.

Les œuvres de Vu Cao Dam, Mai-Thu et Lê Phố incarnent la richesse et la diversité de l’École de Hanoi, offrant un dialogue unique entre les traditions artistiques vietnamiennes et les influences occidentales. La maison de vente de Caen est fière de contribuer à faire rayonner cet héritage en présentant des chefs-d’œuvre qui captivent les collectionneurs et amateurs d’art. Ces tableaux, à la fois intemporels et profondément ancrés dans leur culture d’origine, restent des témoignages précieux de l’histoire de l’art.

Idao de tillard

Idao de Tillard : Un Trotteur d’Exception, Vendu aux Enchères à Caen en 2019

Le 26 janvier 2025, Idao de Tillard a une nouvelle fois brillé sur les pistes en remportant le prestigieux Prix d’Amérique pour la deuxième année consécutive, consolidant ainsi son statut de champion dans l’univers du trot attelé. Ce succès, parmi tant d’autres, a permis à ce trotteur français exceptionnel de cumuler des gains de près de 2,9 millions d’euros, un palmarès impressionnant pour un cheval d’une telle classe. Mais ce parcours remarquable n’a pas commencé au sommet : Idao de Tillard a été vendu aux enchères lors des Ventes de Trotteurs de Caen en octobre 2019, une vente qui a marqué le début d’une carrière extraordinaire.

Un Véritable Champion

Né en 2018, Idao de Tillard est le fils de Sévérino et d’America de Tillard. Dès ses premières courses, il a su se distinguer par sa régularité et son immense talent. En 2024 et 2025, il a triomphé au Prix d’Amérique, l’une des courses les plus prestigieuses de trot attelé, établissant son autorité parmi les meilleurs trotteurs de sa génération. Avec un record personnel de 1’09 »4, il ne cesse d’impressionner les amateurs de trot attelé.

Sous l’entraînement de Thierry Duvaldestin et souvent drivé par son fils Clément Duvaldestin, Idao de Tillard a fait des apparitions mémorables sur les plus grandes pistes européennes. À seulement 7 ans, il a déjà prouvé qu’il appartient à l’élite du trot attelé, et sa régularité à haut niveau laisse présager encore bien d’autres victoires prestigieuses à venir.

Un Cheval D’Exception Vendu à Caen en 2019

C’est lors des Ventes de Trotteurs de Caen en octobre 2019 qu’Idao de Tillard a changé de mains, avec une vente qui a marqué les esprits. Après un parcours dans les écuries de Françoise Chaunion, il a été acquis pour 27 000 €, un beau résultat.

L’Élevage de Tillard : Un Pilier du Trot Français

Idao de Tillard est issu de l’Élevage de Tillard, un élevage familial fondé en 1974 et situé à Hotot-en-Auge, en Normandie. Dirigé par Françoise Chaunion depuis 2007, cet élevage est un acteur incontournable du trot français. Spécialisé dans l’élevage de chevaux de course, l’Élevage de Tillard élève chaque année environ une quinzaine de poulains sous l’affixe « de Tillard ». L’élevage s’est construit une solide réputation grâce à des performances remarquables, totalisant plus de 100 victoires au cours des cinq dernières années, ce qui place l’élevage parmi les 50 meilleurs en France.

Les chevaux de l’Élevage de Tillard, dont Idao de Tillard, sont réputés pour leur potentiel exceptionnel et leurs qualités de compétition. Ce succès est d’autant plus impressionnant qu’il résulte d’un travail de longue haleine, où la passion pour le trot et le respect du cheval sont au cœur des priorités.

Caen Enchères : Un Tremplin pour les Talents du Trot

Les Ventes de Trotteurs de Caen ont joué un rôle clé dans le début de la carrière d’Idao de Tillard, un cheval qui a pu démarrer sa route vers le succès grâce à son passage dans cette vente. Ces enchères sont devenues un moment important pour les passionnés de trot, offrant une chance unique aux chevaux de faire leurs premiers pas vers les plus grandes compétitions.

Idao de Tillard, avec son palmarès impressionnant, est un exemple de ce que les Ventes de Trotteurs de Caen peuvent offrir. Elles permettent de découvrir des chevaux prometteurs et d’investir dans des talents d’exception.

Caen Enchères est heureux de contribuer à l’émergence de ces champions et continue de soutenir l’avenir du trot en organisant des ventes où de nouveaux talents ont chaque année l’opportunité de briller.

Des résultats exceptionnels pour la vente anniversaire du débarquement

Résultats exceptionnels pour la vente  anniversaire du D-Day !

Ce premier 1er juin 2024, vous avez été nombreux en salle comme sur Interenchères à participer à notre vente exceptionnelle pour les 80 ans du débarquement. Cette vente anniversaire, préparée en étroite collaboration avec le cabinet Aiolfi, fut l’occasion de mettre en valeur des lots véritablement emblématiques de la bataille de Normandie.  Remarquable par son contenu, avec 80 lots pour les 80 ans du débarquement,  la vente a aussi eu un succès très important en termes de chiffre avec des lots qui ont réalisé de très bons résultats. Ensemble, revenons sur les moments marquants de la vente du 1er juin 2024.

80 lots pour 80 ans, ce ne fut pas une mince affaire et c’est grâce à l’intervention du cabinet Aiolfi, notre partenaire privilégié pour les souvenirs historiques et militaires, que nous avons pu présenter une sélection d’objets à la fois insolites, variés et pertinents. Affiches, uniformes, véhicules, propos de film. L’ espace d’une journée, l’hôtel des ventes de Caen s’est métamorphosé en véritable musée de la libération.

Parmi les lots remarquables, nous pouvons tout d’abord citer l’une des plaques émaillées de la ville de Sainte-Mère-Église. Première ville libérée par les troupes alliées, ce véritable   morceau   d’histoire    encore  marqué par les impacts de balles a obtenu un prix record et fut adjugé à 75 840 €.

Les véhicules ne furent pas non plus en reste, car nous présentions aussi un superbe modèle d sidecar dans une livrée de la US Navy. Cette rutilante, Harley-Davidson de type WL 1941 a fait beaucoup d’effet et l’imposant  engin a trouvé acquéreur  à  18 960 €,  bien que le casque ne fut pas fourni avec.

Nous passons ensuite à l’un des lots les plus insolites de la vente. Une  poupée « Rupert » spécialement    fabriquée pour le film « Le Jour le plus long » de Darryl F. Zanuck. Cette poupée en caoutchouc peint avec une figure stoïque  et  imperturbable  reprenant l’apparence d’un GI   sautant dans le vide était censée être un leurre largué depuis les planeurs  américains afin de tromper les    soldats allemands. Beaucoup plus élaborée que les  véritables poupées Rupert utilisées dans la réalité,   simplement  fabriquées en toile de jute, son statut d’objet de film culte a tout de suite conquis les acheteurs et elle fut    vendue pour la modique somme de 13 272 €

La dernière enchère record pour notre vente fut une valise radio clandestine MKIII de type A, rangée dans une élégante valise marron. Cet objet véritablement symbolique de la  résistance dans un très bel état de conservation, Elle à vu son estimation  doublée et atteindre les  12 640 € Cette vente thématique a permis de mettre en avant des objets  symboliques du débarquement de Normandie, qui suscitent toujours l’intérêt des  collectionneurs.

La Gazette met à l’honneur notre marbre figurant Saint Jean Baptiste, entourage de Filippo Parodi

LA SCULPTURE GÉNOISE DU XVIIe

Filippo Parodi a offert des figures d’enfant d’un tendre naturalisme qui firent du sculpteur génois un artiste majeur du XVIIe siècle. Ce Saint Jean-Baptiste est une belle évocation de son travail.

Ce marbre est à rapprocher de plusieurs groupes signés Filippo Parodi dont un Enfant Jésus endormi, daté vers 1675 et conservé au Cleveland Museum of Art, ou l’Allégorie de la vie et de la mort du Museo Civico à Asolo. Autant de témoins du style de cet artiste sensible et élégant, marqué, tout comme ses collègues génois, par les modèles baroques romains, mais aussi par le travail de Pierre Puget, à Gênes de 1661 à 1668. Ce Saint Jean-Baptiste enfant, avec ses traits délicats, sa bouche étroite, ses lèvres charnues et ses grands yeux nettement incisés, s’inscrit dans cette manière, de même que par son polissage minutieux des carnations s’opposant au travail brut, au trépan, de la chevelure. Parodi reprend souvent dans ses compositions le thème antique du Cupidon aux formes rondes et pleines en lui conférant un naturalisme nouveau visant à humaniser les figures religieuses. Le dos évidé de ce marbre indiquerait qu’il a été conçu pour une niche ou un retable, dans lequel il aurait été associé à d’autres représentations qu’il regardait, les yeux tournés vers le haut. Le fils de Filippo, Domenico (1668-1740), son gendre, Giacomo Antonio Ponsonelli (1654-1735), mais aussi Francesco Biggi (1676-1736) ou Angelo de Rossi (1671-1715) sont les noms avancés pour l’attribution de cette œuvre.

SAMEDI 15 JUIN, CAEN. CAEN ENCHÈRES OVV. M. VEYRON.